Germaine Chaumel, femme photographe

Germaine Chaumel, femme photographe


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La grande expo Chaumel

On était resté sur une bonne impression : celle procurée par la belle exposition «Germaine Chaumel, photographe humaniste», organisée a Odyssud-Blagnac fin 2007. On est encore plus emballe par un nouvel hommage rendu a ce diable de reporter devenu un as du studio, a l'Espace EDF Bazacle, à Toulouse. La scénographie fait bien respirer l'œuvre de Germaine Chaumel (1895-1982) et tout se complète à merveille : les tirages d'époque et ceux plus récents, les grands panneaux et les vitrines réunissant des archives. C'est à la fois riche et aéré, bien équilibré entre témoignage historique et travail purement photographique 250 tirages ont été sélectionnes par les Archives municipales, qui devraient acquérir prochainement ce fonds de 20 DOO négatifs. La promenade se fait à la fois de façon chronologique (des débuts de reporter en 1935 jusqu'aux portraits réalises en studio dans les années 40 et 50) et par thème (sport, reportages d'actualité, mode, recherche formelle, paysages). Et tout attire l'œil, en flattant le pittoresque mais pas seulement. Bien sûr, on s'amuse à voir la mode des chapeaux, les visages d’enfants joliment croqués, les nus académiques mettant en valeur des corps généreux, l'acteur Michel Murano en gladiateur d'opérette ou le mage Janco fronçant les sourcils. Mais Germaine Chaumel, quand elle raconte l'exode des Républicains espagnols ou la Libération de Toulouse, sait aussi créer l'émotion sans utiliser d'artifices. Pilar Chaumel est la première à visiter cette exposition consacrée à sa grand-mère. Si fière de tout ce qu'elle a pu faire « Germaine, je la voyais comme quelqu'un de très gai, cultive, vivant. Mais en même temps, elle était très modeste. Elle ne nous parlait jamais de photo. A partir du moment où elle avait arrête, elle était passée à autre chose avec la même passion. Quand Jean Dieuzaide venait la voir pour évoquer une exposition au Château d'Eau (qui aura finalement lieu en 1994, NDLR), elle riaît et répétait ça ne rn 'intéresse pas » L'hommage d'aujourd'hui est aussi destine à Paqui Chaumel, fille de Germaine et mère de Pilar. Dans la superbe maison de Blagnac, la vieille dame, aujourd'hui décédée, veillait au trésor familial, tentant de le faire revivre avec l'énergie d'une convertie « Elle a consacré la dernière partie de sa vie a cette œuvre, explique Pilar Chaumel. Avec cette exposition, nous défendons aussi sa mémoire, toute la passion qu'elle a mise a toujours montrer le travail de ma grand-mère »

Jean-Marc Le Scouarnec

Exposition « Germaine Chaumel, profession photographe », jusqu'au 24 février à l'Espace EDF Bazacle (ll, quai Saint-Pierre), Toulouse Ouvert du mardi au dimanche de ll heures a 18 heures Gratuit _Tel OS 62 30 16 00

Egalement beau catalogue « Germaine Chaumel, femme photographe », co édité par

Les Editions Privat et les Archives municipales (186 pages, 26 €)

DECEMBRE 2012

Hommage mérité : Germaine Chaumel

Inconnue au bataillon des grands noms de la photographie, Germaine Chaumel et son œuvre ont pourtant de quoi y tenir une place toute particulière. Photographe accomplie et femme étonnante, la Ville de Toulouse lui rend un bel hommage à l'Espace EDF-Bazacle.
À l'origine de cette exposition, se trouve la volonté d'une revanche sur le temps Enfin, il fallait mettre en avant cette éminente photographe toulousaine trop longtemps laissée dans l'ombre de la nébuleuse parisienne En collaboration avec la famille de Germaine Chaumel, la Ville de Toulouse et ses Archives Municipales ont pris le pan de sauver ce fonds photographique de pas moins de 250 cliches Ils en ont également fait un livre* [Germaine Chaumel, femme photographe] et espèrent a terme faire voyager son œuvre sous forme d'exposition itinérante et ainsi faire (re)connaître cette artiste qui a si bien su croquer les recoins de notre ville et sa région.

Dirigé par François Bordes, directeur des Archives municipales de Toulouse, avec les contributions de Pierre Gastpu, Philippe Guionie, Élérika Leroy et Dominique Roux, cet ouvrage publié à l'occasion du trentième anniversaire de la disparition de la photographe a le mérite de présenter l'œuvre protéiforme de l'artiste. Les auteurs la replacent dans les courants esthétiques de son époque - la «photographie directe», la «nouvelle objectivité » et la «photographie pure» - tout en la situant au confluent de la «nouvelle vision » et du réalisme poétique (le très beau cliché de la façade des Variétés la nuit avec des pavés luisants évoque un film de Carné). Nulle surprise donc à ce qu'elle soit très proche de la «photographie humaniste» qu'illustrèrent Brassai ou Roms. Ailleurs, c'est l'influence d'Emmanuel Sougez ou du studio Harcourt qui se fait sentir. La qualité de la composition et des reproductions, ainsi que la diversité des photographies retenues, achèvent de faire du livre un très bel objet.

C.A

GERMAINE CHAUMEL, FEMME PHOTOGRAPHE,

Editions Privat / Archives municipales de Toulouse.


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